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Papy le peintre amoureux

Papy le peintre amoureux par Claude Desjardins, Éditions De l’ours qui dort, 2020

J’ai lu ce livre avec grand plaisir.

C’est une histoire vraie, joliment racontée, et qui fait du bien !

C’est l’histoire des rencontres puis de la vie commune de Clément et Pauline. Plus encore, c’est une histoire d’amour, de cet amour indéfectible, qui dure longtemps, toute la vie, et qui même subsiste au-delà de la mort.

Cela se passe dans les années 40, au Québec.

Clément tombe amoureux de Pauline l’année de ses 28 ans. Elle, elle en a 22 et est la fille d’un riche commerçant, donc, à l’époque, fille de parvenu. Le père de Clément, Armand, est architecte, fait partie de la noblesse et reçoit dans sa maison les membres influents du clergé. Clément est le rebelle de la famille et va exercer 56 métiers.

Les relations avec le beau-père de Clément ne sont pas faciles. Peut-être en raison du caractère batailleur et direct de Clément, peut-être aussi à cause de la frontière entre nobles et parvenus. Il refuse même de donner sa fille en mariage à Clément. C’est la mère de Pauline qui leur dit : « Ne vous occupez pas de lui et mariez-vous. »

Comme il était d’usage à l’époque, les nouveaux époux ont rapidement 5 enfants, mais cela n’enlève rien à leur complicité et surtout à leur profonde amitié.

La vie s’écoule doucement, dans le bonheur et dans l’amour.

Mais après 60 ans d’union, Pauline se retrouve à l’hôpital, terrassée par une maladie inconnue. Elle a perdu son sourire, sa joie de vivre. Clément, très malheureux, souffre de l’absence de celle qu’il appelle son tout, son ensemble et son amie.

Il se rend à l’hôpital tous les jours, et en revient chaque fois encore plus triste et impuissant.

Un jour, Pauline lui remet un paquet mystérieux.

Ce soir-là, au lieu de dormir, Clément descend au sous-sol et défait le paquet pour en découvrir le contenu : ce sont des toiles, des pinceaux et de la peinture.

Clément a 91 ans. Jamais il n’a peint ou dessiné quoi que ce soit ! Il a écrit beaucoup de poèmes, certes, qui ont fait rire et sourire son amoureuse. Mais peindre !

Alors il commence quand même à déposer de la couleur sur la toile, sans plan précis, guidé par l’amour qu’il porte à sa Pauline.

Lorsqu’il se rend le lendemain à l’hôpital, il place son tableau sur le mur et attend la réaction de Pauline. Celle-ci se met à rire ! Cela faisait des mois qu’il ne l’avait pas entendu son rire qui lui manquait tellement… L’effort en valait la peine !

S’il suffit de peindre des tableaux pour la faire rire… il en ferait des tableaux ! C’est ce qu’il a fait. Il en a peint 350 ou 400. Ou plus encore. Qu’il a signé du nom de Papy.

Il peignait parce que Pauline aimait cela.

Après sa mort il a quand même continué à peindre pour garder le lien avec elle. C’était une façon de poursuivre leurs conversations.

« Mon histoire est simple et tragique, mais je suis heureux parce que j’ai aimé », dira-t-il.

L’auteur Claude Desjardins, non seulement nous rapporte avec finesse et délicatesse cette belle histoire d’amour, mais aussi il en profite pour nous raconter ce qui se passait au Québec, à partir des années 40.

Donc, c’est un peu une incursion dans notre histoire, dans notre contexte social, religieux, économique. Les trois éléments qui m’ont séduite dans ce livre : le côté historique, et le mélange de l’art et de l’amour.

Papy le peintre amoureux est un livre que l’on pourrait résumer en ces quelques mots : « Notre histoire est simple. On s’aimait. »

N’est-ce pas là une belle déclaration d’amour ?

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