Le chien sans queue


Sur le bord du lac, j’aperçois un gros chien blanc et gris. Je crois bien que c’est un bouvier des Flandres.

Il semble tout heureux de se promener avec sa maîtresse, malgré la chaleur qui pèse sur la ville telle une chape de plomb.

Il est tout à fait normal, un vrai chien quoi, avec sa bonne grosse tête bien frisée, la langue sortie et la bouche ouverte pour pouvoir respirer.

Sauf qu’il lui manque quelque chose… une queue !

La première question que je me pose c’est : comment fait-il pour démontrer qu’il est content ?

Car, on le sait, les chiens, c’est avec leur queue qu’ils expriment leurs émotions.

Si sa queue bouge vers la droite, il est heureux ; vers la gauche, il se sent stressé ou menacé. S’il a la queue entre les jambes c’est qu’il a peur alors que de légers mouvements démontrent qu’il se sent très à l’aise.

Alors comment un chien sans queue peut-il montrer ses sentiments, ce qu’il ressent ?

Bien sûr, il peut aboyer et manifester ainsi une certaine gamme d’émotions, par exemple la peur, la douleur, l’envie de jouer. Cependant, en dehors de l’aboiement furieux, nous sommes moins familiers avec les diverses autres nuances, à moins d’avoir suivi des cours de langage canin.

Avec ses yeux non plus, il ne peut pas vraiment s’exprimer, il ne peut pas démontrer grand-chose, sauf peut-être son amour fidèle et inconditionnel envers sa maîtresse.

Et encore, cela lui est un peu difficile, puisque tous les chiens de sa race ont le poil long qui leur tombe dans les yeux. Même si sa maîtresse les lui coupe souvent, ils repoussent aussi vite.

Alors que va-t-il pouvoir trouver comme moyen de s’exprimer ?

 Ce chien est un malin.

Quand il est heureux, il fait un pas de deux ; très heureux, il sautille sur place et remue l’arrière-train. Triste, il baisse la tête, et en alerte, pour annoncer un danger, il aboie. Et comme sa maîtresse le connaît bien, elle comprend toujours ce qu’il veut dire.

La nécessité est mère de l’invention !

Note :  je viens de lire qu’autrefois on taillait en triangle les oreilles des bouviers de Flandres et qu’on leur coupait la queue pour empêcher que les loups puissent les attraper lorsqu’ils gardaient les moutons ou les autres animaux de la ferme. Mais il n’y a plus aujourd’hui de raison pour les amputer de la sorte et les empêcher de s’exprimer!

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